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Une pièce, un exemplaire
Une boutique ordinaire vend des références. Elle en tient une pile, elle en recommande quand la pile baisse, et l’objet que vous recevez est interchangeable avec celui du voisin. Ici, il n’y a pas de pile. Chaque pièce est entrée une fois, elle a un numéro d’inventaire, et quand elle part, elle ne revient pas.
Cela se voit d’abord dans les petites choses. Il n’y a pas de sélecteur de quantité, parce qu’il n’y a rien à sélectionner. Il n’y a pas de taille ni de coloris, parce qu’une commode n’a ni l’un ni l’autre. Il n’y a pas de « rupture temporaire » : une pièce vendue est vendue, sa page reste en ligne pour l’histoire, et elle dit clairement ce qui s’est passé.
Cela se voit ensuite dans le rythme. Deux visiteurs peuvent vouloir la même pièce à la même minute ; un seul l’obtiendra, et ce n’est pas une place dans une file d’attente, c’est un fait. C’est pour cela qu’une pièce mise au panier est retenue le temps de finir la commande, et pas une seconde de plus : une retenue qui ne finit pas est une pièce que personne d’autre ne peut acheter.
Cela se voit enfin dans ce qu’on écrit. Quand un objet n’existe qu’à un exemplaire, la fiche ne peut pas se contenter d’un argumentaire : elle doit dire les cotes, la masse, l’état, les manques, ce qui a été restauré et ce qui ne l’a pas été. C’est la seule description qui vaut, puisqu’il n’y en aura pas d’autre.