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Dater sans inventer
Une date sur une fiche d’antiquaire est un raccourci dangereux. Elle a l’air d’un fait ; elle est souvent une estimation, parfois une convention, rarement une certitude. Le parti pris de ce site est de dire lequel des trois.
Quand la datation est certaine — une marque, un poinçon, une facture d’époque, une inscription datée — la fiche donne l’année ou les deux bornes, sans précaution particulière. Quand elle est estimée, elle est donnée pour ce qu’elle est : un intervalle, ou une année précédée d’une mention d’approximation. Les deux ne se ressemblent pas et ne sont pas écrits pareil.
La même prudence vaut pour l’auteur. Attribuer un objet, c’est une gradation : de l’objet signé à l’objet simplement proche d’un atelier, il y a plusieurs marches, et chacune a un nom précis dans le métier. Ces noms ne sont pas décoratifs, ils engagent. Une fiche qui saute une marche vend autre chose que ce qu’elle montre.
Ce que cela donne à la lecture : une fiche moins bavarde que la moyenne, et où le peu qui est écrit peut être opposé à la maison. Un objet dont on ne sait pas la date est un objet dont la fiche dit qu’on ne sait pas.